GPT et Gems vont disparaître : la veille devient une fonction de continuité
Les assistants que les entreprises ont configurés et intégrés à leurs habitudes changent de forme. OpenAI prépare le retrait des GPT personnalisés ; Google organise le remplacement des Gems par des compétences. Ces transitions rappellent une exigence : surveiller les évolutions de ses fournisseurs et conserver la maîtrise des connaissances confiées à leurs outils.
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Votre entreprise peut-elle faire évoluer ses outils d’IA sans perdre ses connaissances, ses méthodes et la continuité de ses activités ? La question se pose dès qu’un assistant cesse d’être une expérimentation individuelle et devient un point de passage du travail. Une équipe peut apprendre à lui confier une préparation éditoriale, une analyse ou une recherche documentaire sans avoir prévu comment reprendre cette activité ailleurs.
Les annonces d’OpenAI et de Google rendent cette dépendance visible. Elles ne signifient pas la fin de la personnalisation des assistants. Elles déplacent les instructions vers de nouvelles formes, avec des conditions de migration qui demandent une lecture attentive. La veille prend alors une fonction opérationnelle : donner à l’organisation le temps de décider et de reconstruire ce dont elle a besoin.
GPT et Gems : deux transitions, des calendriers distincts
OpenAI prévoit le retrait des GPT personnalisés le 11 décembre 2026, avec un report au 11 février 2027 pour certains espaces Enterprise bénéficiant d’une dérogation approuvée. La notification propre au compte ou à l’espace reste déterminante. La migration prévue transforme les instructions en compétence au sein d’un plugin et copie les fichiers de connaissances en références. Le modèle choisi, les actions personnalisées et les paramètres de partage ne sont pas transférés automatiquement. Après migration, le GPT original devient non modifiable ; les conversations restent accessibles après son retrait.
Google prévoit le remplacement des Gems par les Skills en 2027. Dans Workspace, le déploiement commence le 5 octobre pour Rapid Release et le 19 octobre pour Scheduled Release ; dans l’application Gemini, le 13 octobre. Ces dates ne garantissent pas un accès immédiat pour chaque compte français. Le retrait professionnel n’interviendra pas avant le 1ᵉʳ mars 2027 ; l’éducation suit un calendrier distinct, pas avant juin.
Dans Workspace Studio, l’étape « Ask a Gem » ne peut plus être ajoutée à un nouveau flux ; les flux existants continuent temporairement. Les Skills ne se synchronisent actuellement pas entre Gemini et Workspace. Les Gems migrés automatiquement deviennent des brouillons à vérifier et à activer. Ces modalités, vérifiées le 5 octobre 2026, doivent être suivies dans la durée.
Un changement de plateforme peut changer le fonctionnement
La conservation des documents ne prouve pas la continuité d’une activité. Prenons un exemple illustratif : un assistant éditorial prépare une note à partir d’un dossier de références, puis utilise une action personnalisée pour consulter un outil métier. Ses instructions et ses documents peuvent être repris tandis que la connexion reste à reconstruire. La nouvelle interface répond correctement sur le fond, mais ne dispose plus de l’information qui rendait la note exploitable.
Le test utile porte donc sur le parcours complet. La note cite-t-elle la bonne version du document ? La connexion renvoie-t-elle les données attendues ? Le collègue qui doit reprendre le travail dispose-t-il des accès nécessaires ? Une démonstration faite par le créateur de l’assistant ne suffit pas à établir que toute l’équipe peut travailler avec son remplacement.
Ce déplacement change aussi la responsabilité de maintenance. Celui qui a écrit les premières instructions n’est pas nécessairement celui qui peut reconstruire une intégration ou valider les autorisations. Le dirigeant doit rendre cette répartition explicite avant que la transition ne devienne urgente. Notre analyse du web que l’on construit au web que l’on orchestre abordait déjà cette place croissante des connexions dans le travail numérique.
Chez iSDO, la veille appartient à la méthode de travail
La veille fait partie des gènes d’iSDO, laboratoire numérique créé en 1999. Dans le retour d’expérience fourni pour cette analyse, Philippe Contal décrit une organisation où plusieurs agents suivent des périmètres ciblés : intelligence artificielle, grands opérateurs, nouveautés et tendances, en France, en Europe et dans le monde. Cette observation alimente les expérimentations et les décisions. L’information détectée est ensuite vérifiée et rapprochée des usages réels pour devenir une connaissance exploitable.
La méthode est transposable sans reproduire tout le dispositif. Une PME peut commencer par les fournisseurs dont dépendent ses activités essentielles. Pour chaque évolution détectée, elle conserve la source officielle, sa date de vérification et le périmètre concerné. Elle qualifie ensuite l’impact : information à suivre, test à organiser ou transition à engager. Un responsable prend en charge la suite, et la décision garde une trace compréhensible par un autre membre de l’équipe.
Les agents repèrent les signaux ; les décisions restent sous responsabilité humaine. Cette articulation distingue l’observation de la réaction automatique. iSDO constitue le laboratoire numérique, #TerritoireDigital la démarche opérationnelle et l’Observatoire le média d’analyse. Le rôle de ce dernier est de mettre les évolutions en perspective, en explicitant leurs conséquences et leurs limites.
L’enjeu prolonge celui de notre article Quand être à jour devient impossible. Ici, la priorité est la maintenance des usages retenus : une annonce mérite d’être traitée lorsqu’elle affecte quelque chose que l’entreprise doit pouvoir continuer à faire.
Conserver ce qui permet de reconstruire un assistant
Le patrimoine utile dépasse le texte des instructions. Il comprend les références et leur provenance, les exemples qui précisent le niveau attendu, les critères de qualité, la documentation des connexions et les règles de responsabilité. Une personne qui reprend l’assistant doit comprendre pourquoi certaines sources ont été choisies, qui peut autoriser une action et dans quelles situations le résultat doit être revu.
Ce dossier facilite une reconstruction, sans garantir un comportement identique. Un autre modèle peut interpréter différemment une consigne. Un format ouvert comme SKILL.md facilite la circulation des instructions, mais ne transporte pas à lui seul les outils, les autorisations et les conditions d’accès aux services. La portabilité doit être évaluée sur les tâches réellement attendues.
Cette réflexion rejoint celle du patrimoine contextuel de l’entreprise. Mnemory s’inscrit dans cette interrogation sur la mémoire et le contexte de travail. Les annonces des plateformes ne constituent ni une validation commerciale du produit ni la preuve d’une fonction de sauvegarde ou de migration. Elles rendent surtout plus visible la question commune : où l’entreprise conserve-t-elle ce qui lui permet de comprendre et de reprendre ses méthodes ?
Organiser la transition sans reconduire tous les essais
La transition offre l’occasion de choisir ce qui mérite une maintenance. Tout assistant créé au cours d’une expérimentation n’a pas vocation à être migré. Un usage rare peut être abandonné ; plusieurs assistants proches peuvent partager une compétence ; un processus essentiel demande une reconstruction suivie. L’Observatoire propose cinq actions pour préparer cet arbitrage.
- Inventorier les assistants utilisés. Identifier leur propriétaire, les équipes concernées, les connexions et l’activité qui serait affectée par une interruption. Inclure les assistants d’autrui dont dépend le travail.
- Classer les usages. Décider lesquels migrer, lesquels mutualiser en compétence et lesquels abandonner. Documenter le besoin conservé plutôt que recopier toute l’histoire des essais.
- Conserver les éléments utiles et cinq requêtes de référence. Choisir des tâches courantes, un cas difficile et une situation où l’assistant doit demander une précision. Ce nombre est une recommandation de l’Observatoire, pas une obligation officielle. Respecter les droits sur les documents et ne pas exporter de secrets.
- Tester les réponses, les connexions et les accès. Comparer la qualité attendue et le fonctionnement du parcours avec un utilisateur représentatif. Une réponse plausible ne compense pas une donnée périmée ou une permission manquante.
- Nommer un responsable de maintenance. Lui confier le suivi des changements, le dossier de reconstruction et les décisions de mise à jour. Prévoir qui reprend l’activité si la transition n’est pas prête.
Pour juger le résultat, une question simple aide : un collègue autorisé peut-il reprendre la tâche, expliquer les références mobilisées et identifier qui valide la sortie ? Si la réponse dépend encore de la présence du créateur, la migration a conservé une partie du savoir sans rendre l’usage transmissible.
Il est plausible que les interfaces de personnalisation continuent d’évoluer ; c’est une hypothèse, pas un calendrier annoncé. L’entreprise ne maîtrise pas ces changements. Elle peut en revanche entretenir ses méthodes, ses références et la capacité à vérifier qu’un nouvel outil répond encore à ses besoins. C’est dans cette capacité que se joue la continuité.
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Ressources complémentaires
- OpenAI — Retrait et migration des GPT personnalisés
Calendrier, éléments transférés et limites de migration, vérifiés le 5 octobre 2026. La notification propre à l’espace prévaut.
- Google Workspace — Transition des Gems vers les Skills
Déploiement, calendrier professionnel et éducatif, brouillons et limites entre surfaces, vérifiés le 5 octobre 2026.
FAQ
Quand les GPT personnalisés seront-ils retirés ?
OpenAI annonce le 11 décembre 2026, ou le 11 février 2027 pour certains espaces Enterprise avec report approuvé. La notification du compte ou de l’espace reste déterminante.
Les Gems sont-ils remplacés dès octobre 2026 ?
Octobre marque le début du déploiement des Skills. Le retrait professionnel des Gems n’est pas prévu avant le 1ᵉʳ mars 2027 ; l’éducation suit un calendrier distinct.
Une migration garantit-elle les mêmes fonctions ?
Non. Il faut vérifier les instructions, les références, les résultats, les connexions et les accès. Un contenu conservé ne suffit pas à garantir un processus opérationnel.
Que faut-il sauvegarder pour reconstruire un assistant ?
Les instructions, références autorisées, exemples, critères de qualité et la documentation des connexions et responsabilités. Conserver aussi des requêtes de comparaison, sans exporter de secrets ni contourner les droits d’accès.
Comment organiser la veille IA dans une PME ?
Définir des périmètres et sources fiables, rapprocher les annonces des usages réels, attribuer un responsable et documenter la décision. Les agents peuvent détecter les signaux ; une personne qualifie leur impact.
Pour prolonger la réflexion
Observer les évolutions,
préparer la continuité.
Faire de la veille
ENI · 2023 · Français
Gilles Balmisse présente une démarche pour organiser la veille, choisir les sources, recueillir les informations du web et du terrain, puis les analyser et les diffuser. Ce guide relie les besoins de l’organisation aux pratiques de collecte et à la production de livrables utiles à la décision.
Le lien avec cet article
Un guide pratique pour organiser les sources, qualifier les informations et diffuser une veille utile à la décision. Il prolonge la méthode de continuité proposée dans l’article ; paru en 2023, il ne traite pas des migrations GPT/Gems annoncées en 2026. Sélection fondée sur la présentation et le sommaire de l’éditeur, sans lecture intégrale.
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